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Image: Même dans le domaine de l'agriculture, « le Luxembourg n'est pas une île »

Plus de Bio pour les cantines Luxembourgeoises ?

12.5.2015


Le 30 mars, l’eurodéputé Claude Turmes avait organisé un dîner-débat au Restaurant NATURATA du Centre OIKOPOLIS à Munsbach axé sur le slogan « Méi Bio an Europa – méi Bio zu Lëtzebuerg » (« Plus de Bio en Europe – plus de Bio au Luembourg »), dont la question cruciale était la possibilité de fournir « plus de Bio du Luxembourg aux cantines Luxembourgoises ».

A ce propos, une table ronde s’est tenue à laquelle participaient M Turmes, Vice-Président des Verts au Parlement européen, et le porte-parole du dit groupe pour les questions agricoles, à savoir l’agronome allemand Martin Häusler, la diététicienne Liz Mersch, François Benoy, coordinateur natur&ëmwelt a.s.b.l et chargé de campagne Meng Landwirtschaft, Marc Emering, président de la coopérative des fermiers bio du Luxembourg (BIOG) et Aender Schanck en tant que « membre fondateur du groupement d’agriculture biologique OIKOPOLIS ».

La consommation hors foyer évolue


Dans son discours d’ouverture, M Turmes a précisé que le nombre de Luxembourgeois qui prennent leur plat principal hors domicile vient de dépasser le 50.000, si on ne compte que les cantines publiques (crèches, écoles, cliniques, maisons de retraite et institutions médico-sociales toutes confondues). A quoi s’ajoutent des milliers des personnes mangeant chaque jour dans des cantines d’entreprise. En somme, il reste beaucoup à faire si l’on s’est proposé de lutter pour une alimentation saine et bio comme le fait M Turmes qui est, entre autres, membre suppléant de la Commission Environnement, santé publique et sécurité alimentaire au Parlement européen.

Il faut des condition-cadre adéquates


La tendance du débat était assez marquée : il existe un intérêt croissant d’intégrer plus d’aliments biologiques à l’alimentation publique et pour ce faire, pas mal d’acteurs préfèrent s’appuyer sur la production alimentaire biologique du pays. Cependant, c’est pas si facile que ça. L’allocution de Marc Emering, agriculteur biologique averti bénéficiant notamment de beaucoup d’expérience dans la commercialisation des poulets bio l’a montré de manière extrêmement claire : c’est surtout l’intégration à un réseau transfrontalier (de la Grande Région) qui peut aider aux agriculteurs Luxembourgeois à maintenir la stabilité des approvisionnements et à compenser des éventuels problèmes de disponibilité. En outre, il y a d’autres « trouble-fête » capables de perturber les plans d’une distribution massive des aliments bio, a ajouté M Schanck tout en précisant que des variations de quantités ou manques de récoltes sont des risques inhérents à une production agricole qui renonce aux produits chimiques.

Le public, composé de personnes intéressées et de nombreux spécialistes, a activement participé aux discussions. M Turmes (à dr.) a transmis les questions aux praticipants à la table ronde (de g. à dr.): Marc Emering, Aender Schanck, Liz Mersch, François Benoy, Martin Haeusling

Tout compte fait, il ressort que « oui, nous pouvons », comme le disait Barack Obama, « mais il nous faut des conditions adéquates » (« yes, we can, but conditions must help us »). Et là, il ne s’agit pas uniquement des conditions météo, mais aussi des conditions-cadre politiques. Car le potentiel de l’alimentation biologique à assurer une nourriture saine et respectueuse de l’environnement pour tout un chacun est là, mais sans les bonnes conditions la mise en œuvre d’une telle stratégie restera difficile, voire impossible.